Nord du Laos : la vallée des 3 villages

Après un périple plus qu’éreintant depuis Hanoï, ponctué de vomissements de vietnamiens intolérants au bus durant toute la nuit… nous arrivons enfin à Dien Bien Phu sur les coups de 5h30 du matin. Changement de programme : nous trouvons un bus qui part dans 30 minutes et qui nous permet de passer la frontière avec le Laos directement. Nous embarquons donc dans le mini bus, accompagnés de Marion, une routarde qui fait le tour de l’Asie à vélo et un couple d’espagnols. La route de montagne est magnifique, la brume formant une mer de nuage au dessus des plaines. Nous passons sans encombre le premier poste de frontière pour sortir du Vietnam mais notre joie va être de courte durée…

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LE RACKET COMMENCE

Nous arrivons au poste de frontière pour le Laos. Ici l’addition est plus salée que prévue :

  • Visa d’entrée pour 30 jours : 30$
  • Taxe de collage du visa : 1$
  • Taxe du week end : 2$
  • Taxe du service d’immigration : 3$
  • Taxe de change : 5$ (car nous payons en monnaie vietnamienne)

41 $ au lieu des 30 $ prévus initialement, on l’a un peu mauvaise! Malgré nos protestations, nous devons nous acquitter de ces frais sans rien pouvoir faire.

MONG KHOUA : LA SAUVAGE

1 heure de route plus tard, changement de décor : nous découvrons un charmant village niché dans la montagne et séparé en 2 par la rivière Nam Ou. Un pont en bois et armature en métal très pittoresque nous mène jusqu’à notre Guesthouse située au bord de la rivière. Pour 6$ nous avons une chambre particulièrement mal insonorisée et une « salle de bain » au confort plus que rudimentaire (douche à l’eau froide) mais disposant d’une vue imprenable sur les montagnes.

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Nous partons découvrir la gastronomie laotienne. C’est autour d’un gros plat de riz frit avec poulet, œufs et légumes que nous savourons le calme et l’ambiance détendue du lieu. Nous sommes loin de la frénésie vietnamienne, les laotiens semblant avoir une toute autre vision du temps qui passe… Cela tombe bien car nous sommes très fatigués par ce trajet de près de 16h. Une petite sieste s’impose avant d’aller se baigner dans la rivière. Nous barbotons dans le courant en regardant les pirogues passées. Le soleil de fin d’après midi éclaire joliment la berge, des enfants jouent tandis que des femmes se lavent les cheveux dans la rivière. Après une tentative Skype infructueuse, nous partons dîner et faisons une nouvelle fois l’expérience de la distorsion du temps : le plat de Bertrand arrive après 30 minutes d’attente (ça va encore) et celui de Sarah… 1h15 après la commande. Au moins c’est frais ! Le tour du village est assez vite fait. Les cris aigus émanant des nombreux bars karaoké résonnent dans la vallée. Nous rencontrons un couple de français dans notre guesthouse avec qui Bertrand va se livrer à une folle partie de poker. Des photos d’identité et des cigarettes font office de jetons pour tenter de gagner des cafés instantanés et autres bonbons. Après une bonne rigolade, il est temps de dormir car nous partons demain matin pour la suite de nos aventures.

MONG NGOI : L’AMICALE 

Les bateaux depuis Mong Khoua à Mong Ngoi partent à 9h30 en principe (12$). Dans la réalité laotienne, ils partent une fois qu’ils sont remplis… Nous sommes donc entassés avec les autres touristes sur les pirogues traditionnelles, avec toiture pour se protéger du soleil. Le moteur commence à vrombir. La descente de la rivière Nam Ou jusqu’à Mong Ngoi va durer 3 heures durant lesquelles un décor magnifique s’offre à nous : végétation luxuriante, villages de pêcheurs, buffles d’eau qui se baignent… On ne voit pas le temps passer.

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Nous accostons dans un tout petit village composé d’une route principale en terres, jonchée de plusieurs Guesthouses et restaurants. Une atmosphère détendue se dégage de cet endroit. Des enfants jouent dans la rue et les chiens se chamaillent avec les poules. Une fois notre chambre trouvée chez Alumani (7$), nous partons à la découverte des environs et tombons sur plusieurs backpackers français avec qui nous tapons la causette. Les gens que nous rencontrons sont particulièrement sympas ; nous en profitons pour échanger quelques bons plans de voyageurs.

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Ensuite, nous partons nous balader dans la forêt en bordure de rivière pendant une bonne heure et sortons des sentiers battus pour admirer un point de vue… avant d’entendre un bruit près des champs de cannes à sucre. Un énorme serpent s’enfuit en nous voyant. Panique ! Demi tour ! On prend nos jambes à nos cous et on rentre au village. Plus de frayeur que de mal mais on ne nous y reprendra plus !

Au retour à notre Guesthouse, nous sautons sous la douche pour nous remettre de nos émotions et là, toujours pas d’eau chaude, on est maudits ! Le soir venu, nous nous délectons d’un très bon laap de légumes et d’une soupe à la citrouille pour un prix dérisoire à la « Veranda ». Nous finalisons notre programme de trek du lendemain, qui devrait nous conduire jusqu’au village de Ban Phonh, en suivant les conseils d’Aurélien.

Le lendemain, pour se donner des forces,Mong Ngoi-113nous nous bâfrons au buffet illimité pour 3$ à base de pancakes, fruits, muesli, tortilla, pain perdu, beignets à la banane… Une marche de 4 heures dans la montagne nous attend, et on peut vous dire que ça va brûler des calories ! Départ tranquille près de l’école du village, les paysages nous charment toujours autant et nous ne croisons aucun touriste. Arrivé au « péage », nous visitons une grande grotte et nous perdons l’espace de 5 minutes dans ses entrailles privées de toute lumière. On rebrousse donc chemin et retrouvons l’air frais avec délice.

Après 1h de marche sous le cagnard, nous tombons sur un joli cours d’eau où 2 françaises croisées la veille se baignent à l’abri des regards… à poil ! Sarah les imite et Bertrand reste pudiquement en contrebas pour ne pas effaroucher ces demoiselles. Déjà 15h, il nous faut repartir si nous voulons arriver au village avant la nuit tombée. Le dénivelé est important, on sent nos muscles qui travaillent, un vrai plaisir sportif dans cet environnement dénué de toute pollution.

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Sans croiser personne, nous arrivons au bout de notre ascension et il était temps car nos réserves d’eau étaient quasi taries. A la seule petite épicerie du village où nous nous arrêtons nous désaltérer et savourer notre exploit, nous croisons Maxime et Nicolas, 2 potes toulousains en voyage. Nous sympathisons bien vite avec eux et convenons de nous retrouver pour l’apéro, histoire de ne pas perdre les bonnes habitudes !

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En quête d’un endroit pour dormir et dîner, nous visitons le village et nous faisons recueillir par une gentille famille. La maîtresse de maison nous montre la pièce où nous dormirons, puis nous indique fermement qu’il est l’heure de se laver. Nous obtempérons, avec plaisir ! En guise de douche, un récipient dans un gros bidon rempli d’eau froide nous attend dans les toilettes au fond du jardin… Heureusement qu’on est encore chauds de notre marche, parce que là, il faut se balancer des gros seaux d’eau froide dessus, à moitié accroupis parce qu’on ne tient pas debout dans la pièce ! A l’ancienne, mais ça fait du bien, on ressort de là délicatement parfumés et frais comme des roses !

Nous retrouvons nos nouveaux comparses devant le shop où nous avons toutes les peines du monde à faire comprendre au patron que nous voulons acheter des bières, que le camion de livraison quotidienne a dans son camion garé devant nous ! Au final, il ne nous a pas compris, on doit donc courir après le camion pour récupérer le précieux breuvage ! Quelques instants plus tard, bien calés dans un champ pour admirer le coucher de soleil, nous ne tardons pas à devenir la curiosité de la soirée ; les enfants nous entourent et nous observent, tout en prenant volontiers la pose quand Bertrand sort son appareil photo. Nous avons ensuite la visite d’un laotien pas causant, mais visiblement moins intéressé par ses cigarettes, roulées dans du papier de cahier écrit (!) que par celle de Maxime. Il se sert donc dans son paquet, tranquille Emile !

Une fois le soleil couché, nous repartons Mong Ngoi-128pour nos demeures respectives pour dîner. Nous avons la chance d’assister à la préparation du repas, à la frontale car il n’y a pas l’électricité dans la cuisine. Notre hôtesse nous prépare des morning glory (sorte d’épinards) revenus à la poêle avec de l’ail et du piment, des petites omelettes, du riz collant et, pensant nous faire plaisir, des nouilles instantanées en sachet. Le repas nous est servi, et toute la famille s’installe autour de nous… pour nous regarder manger ! Un peu bizarre, mais bon, on se régale de ce repas simple mais copieux en essayant de communiquer tant bien que mal. Avant l’extinction des feux, nous allons admirer les étoiles avec Maxime et Nico, puis, pensant que notre famille va vouloir se coucher, nous retournons à la maison. Que nenni ! Ils tiennent salon car ils possèdent à priori la seule télévision du village ! Nous montons nous coucher, puis à 23h, nous nous endormons fatigués par cette bonne journée.

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Le lendemain, réveil à 6h car nous voulons redescendre dans la vallée attraper le bateau de 9h30, pas le temps de traîner ! On attrape les 2 potes au passage et en avant pour 3h30 de marche intense, au lever de jour, on en prend plein les yeux.

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Nous arriverons finalement avec 15 minutes de retard à l’embarcadère, pas grave, il manquait justement 2 personnes pour compléter le bateau ! En route pour Nong Khiaw !

NONG KHIAW : LA PAISIBLE

Un peu plus grande que les villages précédents, Nong Khiaw n’en est pas moins dénuée de charme. Nous traversons le pont pour poser nos bagages à la Sythane Guesthouse (12$), où nous sommes accueilli par une charmante dame. Notre chambre est à l’étage, sur une terrasse au soleil avec belle vue sur la rivière, on s’y sent tout de suite très bien !

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Un repas indien plus tard (notre rêve depuis 1 mois !), nous allons nous baigner dans la rivière et admirons le coucher du soleil derrière les montagnes. La soirée se déroule paisiblement dans cette atmosphère détendue. Nous goûtons au Lao Lao, le tord-boyaux local dans un bar à jeux très sympa qui fait ses propres Lao Lao arrangés pour 60 cents le verre. Ce serait dommage de s’en priver !

Le lendemain, nous marchons le long de la rivière à la recherche d’un marché, que nous ne trouverons jamais, puis aux heures les plus chaudes, nous trouvons un petit sentier qui nous mènera dans un champs de maïs au bord de l’eau, parfait pour avoir un peu d’ombre. Nous passerons le reste de la journée à ne pas faire grand-chose, c’est tellement agréable de juste regarder passer le temps ici !

Notre soirée s’achève dans le bar à jeux, autour d’un verre de Lao Lao et d’une douceur chocolatée (une boule de gâteau au chocolat enrobé de noix de coco) qui faisait de l’œil à Bertrand. Allez, au lit, demain départ pour Luang Prabang !

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